Les caravansérails : ancêtres d’internet ?

Chers lecteurs,

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous, ma passion des caravansérails qui jalonnent depuis le IXè siècle, la route de la soie.

Ce sont des bâtiments fortifiés en pierre, qui servaient de halte aux voyageurs, pèlerins ou commerçants et représentaient un rempart contre les bandits des grands chemins. On y séjournaient gratuitement, une nuit ou trois maximum, nonobstant son origine ou sa confession. On y parlait toutes les langues, on priait, on négociait et on s’échangeait des informations avant de repartir vers la destination suivante. C’est en cela, permettez-moi cette théorie, que les caravansérails représentaient les ancêtres d’internet :).

Ils comportaient des écuries pour les bêtes (souvent des chameaux) et des chambres ou dortoirs pour les commerçants ou les voyageurs. Des marchandises de toutes sortes s’échangeaient : du cuivre, du laiton, du fer, de l’acier, du corail, de la cochenille, du coton, des turquoises, du lapi-lazuli, des fruits secs, du thé, des châles de cachemire, de la soie des épices, etc.

Difficile de ne pas imaginer Marco Polo, égrenant la route de la soie de caravansérails en caravansérails, échangeant des histoires avec les voyageurs de tout horizon et négociant des épices et des étoffes.

Difficile aussi de ne pas imaginer le franciscain Jean de Plan Carpin, envoyé par le Pape Innocent IV en 1240, de Lyon en Orient, tenter de convertir le Grand Khan de Mongolie au christianisme.

Ou encore Guillaume de Rubrouck, parti de Flandre en 1253 à Karakoroum, la capitale de l’empire mongol, pour toujours, de manière obsessionnelle, tenter de convertir le puissant empire mongole au christianisme. Ces nombreuses tentatives ont néanmoins échoué, les grands khans n’avaient aucune envie de se soumettre à une autorité spirituelle qui ne fut pas la leur. Tout au plus étaient-ils capables de bien vouloir reconnaître le pape comme leur vassal.

Aujourd’hui, les caravansérails retiennent dans leurs pierres, des myriades de légendes, de rencontres, qui participent à la grande histoire de la route de la soie, mais aussi, permettez-moi de le penser, en tant qu’uniques plateformes d’échange d’informations et de commerce, ils représentaient bien les ancêtres d’internet.

Davaïe,

Annabelle Jacquemin-Guillaume